Une dystopie surprenante et un univers immersif.

Si le nom de Giovanna ne me disait rien (désolée pour elle), celui de Tom me parlait bien plus. Il ne m’était pas totalement inconnu et après quelques petites recherches, j’ai pu mettre le doigt sur ce qui m’échappait jusqu’alors : non seulement il a écrit « le noëlausore », un livre jeunesse que j’ai manqué acheter, mais en plus c’est un chanteur dont j’ai déjà entendu quelques singles par-ci par-là. Le pari était risqué et j’étais curieuse de voir si son nouveau roman comblerait mes attentes. Roman que j’ai vu à plusieurs reprises sur bookstagram, soit dit en passant. Je sais qu’il a beaucoup fait parler de lui dans sa version originale sur les réseaux, et ce succès m’a intriguée. Malheureusement, je suis une quiche en anglais (pour ne pas dire « la reine »). Du coup, je ne me suis pas penché plus que ça sur la question. Quand j’ai vu que les éditions Milan / Page Turners comptaient le publier en VF, je n’ai pas hésité bien longtemps. Il me le fallait absolument ! Et aussitôt reçu (avec de jolis marques-pages), aussitôt lu. Voyons ensemble ce que j’en ai pensé.

Ève n’est pas une adolescente comme les autres : elle est la dernière représentante du genre féminin de moins de soixante-six ans. Pas une fille à part elle n’a vu le jour depuis un demi siècle sur la Terre et la race humaine est au bord de l’extinction. La survie de cette espèce dépend entièrement d’elle et les espoirs de tous reposent sur ses frêles épaules. Pour la protéger un maximum elle a été isolée, éloignée du monde extérieur et enfermée presque toute sa vie au sommet d’une immense tour hautement sécurisée : le Dôme. Une sorte de cage dorée qui lui appartient et où une poignée de personnes ont accès. Holly, « sa » meilleure amie ; Vivian Silva, la femme la plus puissante de la planète ; et les Mères, des personnes âgées qui ont toujours pris soin d’elle et qui l’ont élevée pour faire d’elle ce qu’elle est, puisque sa propre mère est décédée au cours de son accouchement. Maintenant qu’elle a atteint l’âge de seize ans, Ève peut rencontrer les Potentiels qui ont été triés sur le volets puis sélectionnés pour elle : trois jeunes hommes qui, semble-t-il, sont les partenaires parfaits. Pourtant, rien ne va se passer comme prévu et Ève va se rendre compte qu’on lui a menti et que son entourage lui cache des choses depuis qu’elle est née. Son destin est tout tracé, sa vie ne lui appartient pas, elle le sait depuis toujours. Elle s’y est fait. Mais ses doutes et ses sentiments naissants pour Bram, un garçon qui ne doit pas l’approcher, vont tout remettre en jeu. Que doit-elle faire ? Suivre la voie qui a été créée pour elle et combler les attentes du monde entier, ou écouter son cœur ?

Franchement, comment aurais-je pu passer à côté d’une œuvre prometteuse comme celle-là ? Je raffole des dystopies et Eve of man avait tout pour me plaire. J’ai donc foncé tête baissée. Verdict, je ne regrette pas mon choix maaaaais tout ne m’a pas convaincue. Pour commencer, parlons des personnages. Ève est une jeune fille innocente et pure qui ignore tout de la vraie vie. Elle est dans sa bulle et ne sait pas ce que deviennent les gens qui ne vivent pas à ses côtés, ou à quoi ressemble leur quotidien. Elle a un rôle crucial à jouer et ne se pose pas plus de questions que ça. Après tout, elle a été formée dans l’idée qu’elle ferait un jour des enfants — de sexe féminin, de préférence — et que ce serait le point de départ d’une ère nouvelle. Mais, en un claquement de doigts, elle va se mettre à réfléchir par elle-même. Ça m’a dérangée. Au début du roman je l’ai trouvée forte, courageuse. Seulement, plus les chapitres défilaient, plus elle était niaise et capricieuse. Elle agit sur des coups de tête, voire sur le coup de l’émotion, et son impulsivité finit souvent par se retourner contre elle (logique). Bram Wells, quant à lui, m’a paru plus vrai, plus sincère, plus réfléchi. On peut comprendre ce qu’il ressent et cette partie de lui était touchante. J’ai aimé le suivre. Il a beau être le meilleur dans son travail, il sait qu’il n’est pas irremplaçable : ce n’est qu’un pion sur l’échiquier de son père, Isaac, un éminent scientifique dont la réputation n’est plus à faire. Heureusement, en cas de problème, il peut compter sur le soutien de son meilleur ami, Hartman. Dommage que l’on ne sache rien de lui. Il y a aussi Vivian, une femme froide et cruelle qui traîne derrière elle bien des mystères. Quelques protagonistes secondaires sont également présents, mais aucun n’est, à mon sens, sorti du lot.

Si j’ai bien compris, Eve of man est une trilogie (ça reste à confirmer, il faut que je me renseigne). Concrètement, ce premier opus était surprenant, dans le bon sens du terme, et j’ai beaucoup apprécié ma lecture. L’univers était immersif, original et addictif. L’idée était intéressante et notre couple d’auteurs a bien amené tout ça. Petite ombre au tableau : l’écriture ne m’a pas convaincue. J’ignore s’il s’agit de la traduction ou non, toujours est-il qu’avec moi, ça ne l’a pas totalement fait. Ce qui explique les longueurs que j’ai ressenties.. Bon, ce tome reste principalement introductif et la fin est méga prévisible, mais quand même. Il vaut le détour et la suite promet de belles choses, croyez-moi. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. ♥

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