Un roman parfait pour halloween, avec des scènes qui peuvent virer au gore

Dans cette histoire pour le moins originale nous faisons la connaissance de Dee Guerrera, une lycéenne des plus banales âgée de dix-sept ans tout juste dont la vie va basculer quand elle sera reconnue coupable du meurtre de sa demi-sœur, Monica Patterson. Après l’annonce de la sentence au tribunal où elle a été jugée et malgré le fait qu’elle clame haut et fort son innocence, elle sera endormie et transportée sur l’île d’Alcatraz, une prison nouvelle génération réservée aux meurtriers les plus connus. Le principe ? Des condamnés vivent leur vie — ils ont un logement, des activités, un travail — avec une épée de damoclès au-dessus de la tête et des tueurs en série approuvés par le gouvernement vont les pourchasser jour et nuit afin de les massacrer de la manière la plus horrible possible en direct, puisque tout est filmé et retransmis à travers le pays pour distraire la population. Tous ignorent qui est à l’origine de cette idée macabre, quelle est son identité, à quoi il ou elle ressemble. Nous savons simplement que le / la responsable se fait appeler « le Postman ». Concrètement, la jeune fille a atterri dans une émission de télé-réalité où des assassins comme elle sont des vedettes destinées à se faire exécuter face caméra, rien que pour l’audience. Bien vite elle fera de troublantes découvertes et réalisera que le créateur de ce show grotesque en sait beaucoup sur elle et son douloureux passé. Dee saura-t-elle rester en vie suffisamment longtemps pour lever le voile sur ce mystère, ou se fera-t-elle tuer devant le monde entier ?

Maintenant que je vous ai rapidement parlé de l’histoire, nous allons voir ce qu’il en est des protagonistes. Et on va commencer par l’héroïne, qui m’a un petit peu posé problème. D’un côté, je pense l’avoir trouvée intéressante et forte, courageuse et téméraire. Elle veut découvrir la vérité sur la mort de sa demi-sœur et est prête à se mettre sur le devant de la scène parvenir à ses fins. Seulement, si on regarde bien, quelque chose cloche. Elle semble complètement détachée et s’adapte bien trop facilement à la nouvelle situation qui lui a été imposée. Oui, parfois, il lui arrive d’avoir peur, ce qui peut se comprendre. En revanche, si j’étais à sa place, je ne pense pas que je serais aussi sereine (c’est même sûr et certain). C’était comme si elle se disait « je sais que je suis foutue mais qu’importe, au point où j’en suis, je n’ai qu’à foncer dans le tas ». Elle ne connaît rien à l’endroit où elle a été envoyée, elle sait qu’elle ne peut accorder sa confiance à personne, elle est entourée par des psychopathes, et pourtant, elle ne va pas se méfier outre mesure. Nyles, en ce qui le concerne, m’a plu dès le début. Je l’ai trouvé attachant, mystérieux, et plus les pages ont défilé, plus il me paraissait fade, niais. Griselda, elle, reste la même du début à la fin : malpolie et méchante. Mais le lecteur va finir par l’apprécier et se rendre compte qu’elle est très gentille. Ethan, quant à lui, est le comique de la bande. Il sort des répliques de films cultes à tout bout de champ et détend l’atmosphère à l’instant où il apparaît dans une pièce. Son rôle n’est pas très important, c’est dommage. Mara, pour finir, est la voisine de Dee. Elle est vue comme une fille bizarre qui reste cloitrée chez elle et ne parle à personne. Eh bien, je l’ai adorée.

L’île sur laquelle (sur)vivent désormais nos condamnés est très étonnante. Je m’attendais à tomber sur une prison lambda mais il n’en est rien. Pire, on est loin du compte ! Ici, il y a une maison pour chaque personne, un glacier où on peut lire « ice crime » sur la pancarte (notez le jeu de mots), une bibliothèque, une salle de sport, une épicerie, etc. Une vraie petite ville. Tous doivent d’ailleurs travailler afin de gagner de l’argent, ce qui leur permettra de s’acheter à manger et à boire. Bien pensé. Les bourreaux, eux aussi, sont particuliers. Ils ne sont pas beaucoup mais ont chacun une façon de faire, un lieu caché où commettre des crimes, une communauté de fans qui les suivent sur la toile, et un thème. On a par exemple une sorte de Robin des bois qui utilise des flèches pour tuer, ou encore une nana qui envoie ses animaux manger ses victimes.

Je vous passe les détails mais la fin m’a un poil semblé tirée par les cheveux. Une unique chose m’a convaincue. Pour le reste du roman, j’ai trouvé que l’héroïne n’était pas vraiment terrorisée par ceux qui se sont mis à la pourchasser ; que les autres protagonistes manquaient de profondeur et n’étaient pas assez développés ; que le manque d’informations sur les méchants était regrettable (qui sont-ils, d’où ils viennent, pourquoi ont-ils été choisis ?) ; que la partie romance était inutile ; et que le Postman restait bien trop énigmatique (comment a-t-il pu obtenir autant de pouvoir ?). Parmi les points que j’ai aimés, il y a l’univers dystopique. C’était astucieux ! Les mises à mort peuvent parfois virer au gore — ce qui est parfait pour la saison — et même si ça ne fait pas peur, une ambiance sombre se ressent. Ce n’est pas un chef d’œuvre de la littérature mais j’ai adoré lire #Murder. On a de l’action à chaque instant, de la violence, des passages ensanglantés, et une intrigue passionnante. Ce livre raconte l’histoire de tueurs poursuivis par d’autres tueurs, et c’était grandiose. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre, et pour la confiance qui m’a été accordée. J’ai pu découvrir un bouquin génial. ♥

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