Un récit étrange qui peut charmer comme déplaire.

Noah Oakman est un adolescent tout ce qu’il y a de plus normal de seize ans qui vit dans l’Illinois — et plus précisément dans la ville d’Iverton — avec ses parents, sa petite sœur Penelope et leur chien Touffu, un shar-pei. Il fait partie d’une équipe sportive de son lycée, ses deux meilleurs amis sont jumeaux, il porte des t-shirts à l’effigie de David Bowie chaque jour, son héroïne n’est autre que Mila Henry, il a ce qu’il appelle « d’étranges fascinations » (une liste de choses qui l’obsèdent), et surtout, il est en pleine réflexion sur son avenir. Ses aptitudes en tant que jeune nageur lui ont permis de se faire repérer par diverses universités et certaines sont allées jusqu’à lui proposer une bourse. Tout le monde est content, tout le monde est fier : le chemin de Noah semble tout tracé. Oui, mais en réalité, il n’aime pas nager et cette situation lui donne l’impression d’être dans une impasse. Il est complètement perdu et n’ose avouer à personne qu’il ne veut pas de cette vie là. Au cours d’une soirée dans la propriété de Will et Jake Longmire, il va se mettre à boire. Il finira sa nuit en compagnie de Circuit Lovelock, qu’il vient de rencontrer, et ce dernier l’hypnotisera. Dès lors, le quotidien de notre héros va se mettre à changer.. de manière subtile. De légers détails lui mettront la puce à l’oreille mais peu lui importe, la conclusion reste la même : ce n’est plus comme avant. Des choses ont été modifiées, d’autres non. Que s’est-il passé ?

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre le jour où j’ai découvert le communiqué de presse de cette œuvre parmi les futures parutions. Tout ce que je peux dire, c’est que le résumé m’a fait penser à Coraline, de Neil Gaiman (version livre) et Henry Selick (version film). Maintenant que j’ai achevé ma lecture, je me demande simplement comment j’en suis arrivée à penser une chose pareille. Bref. Parlons des personnages. Noah, pour commencer, m’a beaucoup beaucoup beaucoup plu. La plupart des chapitres concernent ses monologues intérieurs, ses réflexions, ses prises de conscience, ses sentiments, et j’ai trouvé ce principe tout simplement génial. Nous sommes face à un jeune homme intelligent, introspectif, sérieux, drôle et complexe qui m’a donné l’impression de ne pas être heureux et qui passe son temps à s’accrocher à d’infimes éléments pour au final trouver le moyen de les relier entre eux. Seul bémol : il pense et résout des problèmes d’une telle façon que, si son âge n’était pas précisé, on ne pourrait pas s’en douter. Nous avons également un duo de choc, Alan et Valeria — dite « Val » —, les jumeaux. Ils sont frais, pétillants, attachants, amusants, et tout ce que vous voulez. Je n’ai même aucune préférence et les apprécie autant l’un que l’autre. Sara et Circuit, aussi, sont intéressants. Je regrette seulement qu’ils ne soient pas plus exploités. Mais mon coup de cœur va droit vers Penelope — autrement appelée « Penny » — que j’ai trouvée, comment dire.. parfaite. Mignonne comme tout, brillante, futée, elle est tout, malgré ses seulement douze ans. Dernier petit bonhomme qui ne m’a pas laissée indifférente, Touffu. Les passages où il apparaît sont fantastiques.

L’auteur, David Arnold, est connu, mais je ne le découvre qu’ici, avec ce livre. Et le moins que je puisse dire, c’est que sa plume a un je ne sais quoi d’entraînant (ou peut-être qu’il s’agit de la traduction ?). Il ne se passait pas forcément grand-chose, il n’y avait pas non plus beaucoup d’action, l’histoire n’avait rien de transcendant, seulement, allez savoir pourquoi, ça m’a suffi. Les personnages étaient incroyables et le héros m’a charmée dès le premier chapitre. Quant aux « étranges fascinations » de Noah, bon sang c’que c’était bien trouvé. J’ai ressenti quelques longueurs (quoi de plus normal quand ça ne bouge pas des masses) mais globalement, ce fut une chouette lecture. Dommage, cependant, qu’il n’y ait pas beaucoup d’explications à la fin sur le pourquoi du comment. J’ai eu l’impression qu’il manquait quelque chose.

La vie rêvée de Noah Oakman, c’est une histoire de passage à l’âge adulte, toute en légèreté. C’est aussi un questionnement perpétuel, un récit plutôt bizarre et mille et une références à des œuvres et personnalités. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. ♥

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