Grisha : un final éblouissant

La première question qui m’est venue en tête après avoir refermé ce tome fut : « mais comment vais-je pouvoir le chroniquer? ». Car oui, vous l’aurez compris si vous avez lu « ma lettre » à l’autrice un peu plus haut, cette série est pour moi un immense coup de cœur et je me trouve vite à court de mots pour expliquer exactement pourquoi. Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai eu cette sensation de grandir en même temps qu’Alina. Pourtant, on pourrait difficilement faire plus opposés que nos mondes et nos situations. Mais j’ai pris la lumière dans plusieurs sens. Si vous suivez mon Instagram, peut-être avez-vous vu l’oracle Work you life qui accompagne mes pas en ce moment. J’ai mis mes pas dans ceux d’Alina. J’ai laissé l’ombre danser quand nécessaire, mais j’ai surtout appelée la lumière à moi, et non pas uniquement en moi, savant mélange et délicat équilibre qui permet à notre jeune orpheline de combattre bien des maux. Dans cet ultime tome, il est temps de mettre fin à la guerre. Mais Alina a-t-elle vraiment la possibilité de lutter contre son ennemi des ténèbres ? Pourrait-elle tout sacrifier, tout perdre pour sauver Ravka ? Peut-elle seulement envisager d’être à nouveau une fille normale ?

La fin du tome 2 nous avait laissés sur une situation préoccupante et ce tome 3 repart à peu près où l’on s’est arrêté. Prisonnière de l’Apparat, ce prêtre traitre à l’idéologie iconique bien arrêtée, Alina vit sous terre avec Mal et le reste de son équipe. Elle ignore où se trouvent le Darkling et même Nikolaï et ne peut s’empêcher de se sentir inutile et frustrée. Pas le choix, ils doivent s’échapper et faire confiance au traqueur, Mal, pour trouver le troisième amplificateur, l’Oiseau de feu. Alina est obsédée par ce futur pouvoir et en ressent le manque, le besoin. Sans cela, elle ne pourra faire face au roi ténébreux de Ravka. Nous allons donc suivre l’équipe lors d’un long périple qui durera finalement tout le roman, mais connaitra de très nombreux rebondissements et des révélations auxquelles ne nous attentions pas.

Si Alina n’est pas vraiment faite pour ce job d’icône/sainte/dernier espoir du monde, elle endossera malgré cela le rôle et s’appliquera pour prendre les meilleures décisions possibles. Ce qui ne lui facilite pas toujours la tâche est la proximité de Mal. Nous savons depuis un moment déjà ce qu’ils ressentent l’un pour l’autre, mais le statut de la jeune femme laisse entrevoir un mariage avec la couronne pour vaincre et instaurer la paix. Certainement pas avec un traqueur et ce, même s’il est le meilleur. L’un et l’autre ont bien du mal à accepter ce destin et chacun fait ce qu’il peut pour se protéger. Mal est à la fois tendre et distant avec Alina, qui elle, se sent prise au piège des enjeux diplomatiques. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises, les rebondissements de l’intrigue changeant la donne très souvent…

Dans ce tome il est très difficile de s’ennuyer, car il y a beaucoup de mouvement et d’informations. Les rencontres se font, tout comme les alliances ou les coups dans le dos. Finalement, Alina va se retrouver confrontée à ce qu’elle pouvait imaginer de pire, mais n’est-ce pas le prix à payer pour le troisième amplificateur et la puissance de ce dernier ? J’ai été très surprise sur le traitement de cette partie du roman, et croyez-moi dans le bon sens. Je n’ai rien vu venir, et la surprise m’a amenée à relire plusieurs fois le paragraphe. Quand une révélation me met un claque d’un seul coup, j’avoue apprécier le résultat. La légende de l’Oiseau de feu prend une dimension fascinante dans ce tome et surtout, nous apprenons plus de choses sur le créateur de l’amplificateur, Morozova.

Une grande place est accordée à l’amitié et à la loyauté. En effet, Alina est plutôt isolée dans les débuts de l’histoire, mais petit à petit elle va réussir à fédérer un réel esprit d’équipe autour d’elle. Grâce à ces gens, elle va pouvoir mener sa quête. Grâce à eux, elle aura sa chance d’affronter le Darkling mais aussi de mieux comprendre son pouvoir et ses origines. Seule Invocatrice de Lumière au monde, un poids énorme repose sur ses épaules. D’ailleurs, il devient assez vite évident que ce que subissent les Grisha au quotidien n’est pas si éloigné d’une réalité sordide. C’est simple : les Grisha sont victimes de discrimination, manipulation, asservissement et assujettissement. La chasse aux sorcières, l’oppression de la minorité sont monnaie courante et il ne fait pas forcément bon vivre être Grisha finalement… Enfin, je reconnais avoir grandement apprécié la diversité des personnages et même la sévérité du sort de certains. Rien n’est rose quand le Darkling est à l’œuvre et notre autrice saura se montrer impitoyable.

Quant à cette recherche du troisième amplificateur, je ne pourrais pas vous en dire plus sans révéler des éléments majeurs. Sachez juste que j’ai trouvé les choix de l’autrice et de ses personnages pertinents et parfaits. J’aime savourer l’épilogue avec délice et j’avoue l’avoir même relu trois fois. La fin offerte à la trilogie est pour moi juste et conclut les choses comme il le fallait. En revanche, j’ai subi un sacré book hangover et au moment où j’écris ces lignes, je ne suis pas sûre d’être soignée. Leigh Bardugo est une plume de lumière et d’ombre, elle n’a pas peur de laisser une part de ténèbres même dans la plus douce des personnes et c’est ce qui rend vraiment vivant son univers. Son travail sur le personnage du grand méchant, le Darkling, est assez incroyable, car au cours des trois tomes nous sommes obligés de nous interroger sur le fond de cette personne et pourquoi cet homme a tant soif de ténèbres. On apprend à l’aimer, danser avec sa folie et sa raison qui s’envole au fil du temps… Un roman qui a tout bon !

Coup de cœur pour ce troisième et dernier tome, mais aussi pour l’intégralité des 3 tomes. L’autrice m’a entrainée sur les pas d’une héroïne pour laquelle je ne partais pas forcément enthousiaste et m’a montré qu’en chacun se cache l’étincelle qui rend encore plus humain, encore plus aimant. C’est également une magnifique histoire d’amour, d’amitié, de courage et de bienveillance. Magnifique !
5/5
Que rajouter ? Ah si ! Que j’adore les 3 couvertures et que la dernière est une petite pépite !

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