Un scénario angoissant qui nous plonge dans l’inconnu

Imaginez : vous vous réveillez un jour dans votre lit et rapidement, vous réalisez que rien ne va. Votre visage est étrangement amoché, vous ressentez des douleurs dans tout votre corps, les vêtements que vous portez sont dans un sale état, des affaires vous appartenant sont introuvables (téléphone portable, chargeur d’ordinateur, clés, passeport), votre colocataire a disparu, une chemise ensanglantée traîne dans votre salle de bains, et vous êtes enfermé chez vous. Pire encore, vous ne vous souvenez plus des dernières quarante-huit heures. Aucune image, rien, le black-out total. Eh bien, dites-vous que c’est ce qui est arrivé à Vicky Duval, étudiante en Erasmus à Sienne, en Italie. Si au début elle pensait avoir affaire à une blague de (très) mauvais goût de la part de sa copine, elle va vite déchanter et comprendre que ce qui lui arrive, c’est du sérieux. La peur va s’immiscer d’un coup et elle va partir en quête de réponses. Que s’est-il réellement passé ? Pourquoi a-t-elle perdu la mémoire ? Où est Charlène ?

Pour moi, le personnage de Vicky était assez intéressant. C’est quelqu’un d’obstiné et de téméraire qui fonce dans le tas dès qu’elle a le moindre questionnement sans se soucier des risques qu’elle encourt (quoique, elle n’est plus à ça près). Pour elle, le doute n’est pas permis, il lui faut des explications, et vite. Hors de question qu’elle reste plantée là à attendre qu’une solution miracle tombe du ciel. Mais d’un autre côté, on sait pertinemment qu’elle est effrayée. On ne la prend pas au sérieux (a-t-elle trop bu ?), personne ne veut l’aider (a-t-elle vraiment tout oublié ?) et elle ne sait pas vers qui se tourner. Elle est tellement désespérée qu’elle en vient même à douter de sa propre santé mentale. Néanmoins, j’ai un reproche à faire : je ne l’ai pas trouvée assez développée. Si on réfléchit bien, on ne sait pas grand-chose sur elle. Qu’est-ce qu’elle aime ? Quelles sont ses passions ? L’autrice nous a juste laissé comprendre qu’elle n’appréciait pas particulièrement ses études et que son beau-père était un crétin fini. En ce qui concerne la fameuse colocataire, Charlène Osereau, je l’ai trouvée grandiose (je n’en dis pas plus, lisez le bouquin pour en comprendre les raisons). Quant aux autres, tels que Lennard Peeters ou Stefano Lombardo, je n’ai rien de spécial à ajouter. Ils ne m’ont pas touchée plus ça.

Ce scénario, vraiment flippant, a été imaginé par Ursula Poznanski. Dès le début, on plonge tête baissée dans l’inconnu et finalement, on se retrouve un peu comme l’héroïne : dans le flou. Impossible pour nous de comprendre ce qu’il s’est passé. Mais les indices vont se dévoiler petit à petit et les pièces du puzzle vont s’assembler. J’ai beaucoup aimé le fait que Vicky ait perdu la mémoire et se trimballe avec des notes incompréhensibles et dénuées de sens qu’elle a elle-même écrites durant la période dont elle n’a aucun souvenir. Nous sommes face à son impuissance et cette piste, très précieuse, va l’aider à y voir plus clair. La couverture est à tomber, le style d’écriture est plaisant, la fin n’est pas mauvaise (pas époustouflante non plus), les pages défilaient vite, et j’ai même réussi à ressentir quelques frissons ! Bon, j’avoue, lire en pleine nuit, seule chez soi, quand on vit dans une vieille maison de campagne avec un étage (= bruits suspects dans le grenier), ça aide. Quoi qu’il en soit, ce fut une excellente lecture. Merci Page Turners pour m’avoir donné l’occasion de la découvrir. ♥

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