Si tu meurs, n’oublie pas

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre au moment où j’ai découvert le résumé de cette œuvre sur le communiqué de presse. Les thèmes principaux avaient de quoi éveiller mon intérêt, c’est une certitude, et j’étais persuadée que cette lecture pas commune me ferait sortir des sentiers battus. Après tout, je n’ai pas pour habitude de lire des histoires qui parlent de mort et de deuil. Aussi, quand j’ai reçu le roman, j’ai été prise d’un léger doute : est-ce que les 144 pages qui le composent seront suffisantes pour que les sujets abordés parviennent à toucher le lecteur, et dans ce cas précis, moi ? Est-ce que je vais réussir à plonger pleinement dedans ? Est-ce que j’en aurai le temps ? Malheureusement, et à mon grand regret, je n’ai pas été aussi charmée que je l’aurais souhaité. Je vous explique.

Ici nous faisons la connaissance d’Alexandre, un adolescent de quinze ans seulement qui se trouve être fan de jeux vidéo et geek à ses heures perdues. Il n’est pas pressé à l’idée de grandir pour devenir un jour adulte, ses hormones lui servent de neurones, et il passe le plus clair de son temps à flâner sur des réseaux sociaux comme instagram et snapchat. Mais surtout, Alexandre a le cœur brisé en mille petits morceaux. Son cousin, Yann, qu’il considérait comme son propre frère tant ils étaient proches, est décédé il y a un mois, le jour même de ses dix-huit ans. Il a traversé le pare-brise de la voiture de sa mère et est mort sur le coup. Bac avec mention en poche, le jeune homme comptait partir prochainement en direction de Paris pour y commencer des études de japonais, sa passion depuis un long moment. Venu d’on ne sait où, cet intérêt soudain pour le pays du soleil levant lui est tombé dessus d’un coup, et jamais personne n’a compris pourquoi. Mais son existence s’est arrêtée brutalement, avant que sa famille n’obtienne des explications. Notre jeune héros, comme tout le monde, retourne donc à son quotidien. Lycéen de première ES, il voit les jours défiler et n’a plus goût à rien. La vie continue, paraît-il. Alors, pour quelle raison n’y arrive-t-il pas ? Cependant, au cours d’une nuit plutôt étrange, il va revoir Yann.. en chair et en os, vêtu de la chemise d’été qu’il portait au moment de l’accident. Comment est-ce possible ?

En ce qui concerne les personnages, je dois avouer que j’ai apprécié Alexandre. Timide et plutôt simple à cerner, c’est un adolescent dont j’ai pris plaisir à suivre les pensées. Il est actuellement dans une période très difficile, il vit quelque chose de dur, et nous, qui sommes extérieurs à l’histoire, on voit tout. On voit sa façon de gérer ce tragique évènement, on voit qu’il ne comprend pas. Pourquoi son cousin et pas lui ? Pourquoi si jeune ? Pourquoi les autres agissent de telle ou telle manière ? Pourquoi le monde ne s’arrête-t-il simplement pas de tourner ? Yann, quant à lui, n’est pas pareil. Calme, rêveur, à part, et bien différent de ses frères, Mathis et Colin, des jumeaux à peine plus jeunes que lui. C’est un homme qui reste souvent en retrait et qui préfère écouter les autres que parler de lui, de ce qu’il ressent. Son accident de voiture a détruit ses proches et tous essaient de s’en sortir, à leur manière. Lisette, sa mère, a aussi droit à des passages la concernant. Elle est dévastée, tout simplement. Quoi de plus normal.. Mais, pour ne pas se laisser aller au chagrin éternellement, elle a décidé de faire front en occupant ses pensées, ses journées, et en travaillant comme avant. Chacun fait comme il peut.

Je pense que le principal problème que j’ai rencontré est lié à la trame du récit, à son fond. L’idée était prometteuse, néanmoins, ce n’était — à mon sens — pas abouti. J’ai clairement été déçue par le manque de profondeur et de développement, que ce soit par rapport aux personnages ou au drame en lui-même. Je pensais plonger dans une histoire dramatique (d’accord, c’est le cas), seulement, je n’ai pas été touchée plus que ça. Je m’attendais à ressentir plus de choses. On ne sait quasiment rien sur Alexandre, Yann et Lisette, mais alors les autres.. disons qu’ils sont tellement en arrière-plan qu’on en vient carrément à les oublier. C’est dommage, je voulais vraiment savoir comment le décès avait changé la vie de certains. La plume, quant à elle, était pas mal, les pages défilaient vite. Le héros était crédible, sa tristesse se ressentait, en revanche, la fin.. l’ambiance est retombée comme un soufflé !

En bref, cette histoire avait du potentiel et je pense que l’autrice n’est pas allée au bout des choses.. Merci aux éditions Page Turners pour l’envoi de ce livre et pour la confiance qui m’a été accordée. ♥

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