L’autre soeur de Cylin Busby

Cela fait quatre ans que Sarah, 15 ans, a disparu. Fugue ? Enlèvement ? Quatre ans que les parents Morris dévastés, oscillent entre espoir et désespoir tandis que Nico, 11 ans à l’époque, fait de son mieux pour les soutenir. Elle a aujourd’hui l’âge qu’avait sa soeur, mais en plus elle lui ressemble comme deux gouttes d’eau.

Le récit du passage en enfer de cette famille nous est relaté par Nico. Une Nico qui va devoir construire son adolescence en étant à l’extérieur de chez elle « la fille dont la sœur a disparu », et chez elle, tantôt « la fille qui n’est pas Sarah » ou « la fille transparente » car ses parents sont accaparés par leurs recherches, démarches et leur souffrance, tantôt une attitude étouffante de sa mère qui redoute une disparition de sa dernière fille.

De nombreux flash-backs nous font découvrir que la disparue n’était franchement pas sympa avec sa petite sœur, on peut même dire carrément peste, de plus elle cachait bien son jeu vis-à-vis des parents… Cependant ce récit est entrecoupé de petits passages en italique où Sarah est la narratrice. Elle nous raconte le calvaire et la maltraitance qu’elle subit. Le lecteur se retrouve donc dans la position désagréable où il ne sait s’il accordera sa sympathie ou non à ce personnage.

Puis Sarah réapparaît à l’autre bout du pays, en vie mais amnésique. Amaigrie, hagarde et au début mutique. Les sévices subits sont visibles et bouleversent tous les membres de la famille. Un nouvel équilibre, très précaire, tente de s’installer. Une situation difficile pour Nico qui perd le rôle central qu’elle occupait depuis quatre ans. De plus Nico ne comprend pas certains changements radicaux dans le comportement de sa sœur.

Avec une écriture fluide, l’auteur nous parle donc de l’impact familial que crée une disparition tout d’abord, puis une réapparition longtemps après. Les réactions de chacun des membres de la famille étant différentes, il y a là matière à développer. Les doutes de Nico viennent pimenter l’histoire.

Seulement les premiers indices soulevés par cette dernière étaient pour moi suffisamment clairs, les suivants n’ont fait qu’enfoncer le clou et gâcher le coup de théâtre final auquel je m’attendais fortement. Si l’on rajoute à cela que certaines situations manquent quand même de réalisme, on comprendra que je ne conseillerai ce roman qu’aux ados à qui il est destiné. Ceci dit il est bien écrit, le sujet développé intéressant, c’est donc une lecture rapide et plaisante.

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